
Alors que le Rwanda se prépare à commémorer, le 25 avril, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme. Malgré des progrès notables ces dernières années, le nombre de cas continue d’augmenter, rappelant que la vigilance de chaque citoyen reste indispensable.
Selon les données du Rwanda Biomedical Centre (RBC), du 1er juillet 2025 au 31 mars 2026, 928 616 cas de paludisme ont été enregistrés. Ce chiffre, bien qu’en baisse par rapport aux plus de 1,13 million de cas de l’exercice 2024-2025, reste élevé comparé aux 610 832 cas de 2023-2024. Dix districts concentrent la majeure partie du fardeau, avec en tête Gisagara (98 077 cas), Gasabo (74 073) et Bugesera (65 297).
Dans un entretien accordé aux médias le 20 avril 2026, Dr Aimable Mbituyumuremyi, responsable de la Division de lutte contre le paludisme et autres maladies parasitaires au RBC, a insisté sur l’importance cruciale de l’information:
“La première chose que nous demandons au citoyen, c’est de connaître les bonnes informations. Savoir si son secteur est touché, comprendre que les moustiques piquent non seulement à l’intérieur des maisons, mais aussi à l’extérieur.”

Il a expliqué que beaucoup se croient suffisamment protégés alors qu’ils ne le sont pas, notamment lorsqu’ils passent la nuit dehors pour des activités agricoles. Le médecin a détaillé les principales stratégies déployées par le pays:
“Nous utilisons les moustiquaires imprégnées, distribuées tous les trois ans avec un accent sur les groupes vulnérables comme les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans.”
Parmi les autres piliers: “La pulvérisation intradomiciliaire (Indoor Residual Spraying), effectuée une fois par an pour protéger toute la famille.”
Ainsi que le traitement précoce des cas via les agents de santé communautaires et les centres de santé, et les campagnes de sensibilisation pour changer les comportements, Dr Mbituyumuremyi a ajouté:
“Même si vous avez reçu la pulvérisation, vous avez besoin d’un répulsif lorsque vous êtes dehors. Aucune mesure isolée n’est suffisante, le citoyen doit connaître les interventions disponibles et les appliquer correctement.”

Les autorités rappellent que la lutte contre le paludisme repose sur une responsabilité partagée. Connaître les risques locaux, utiliser les outils de prévention et adopter les bonnes pratiques restent les meilleurs atouts pour inverser durablement la tendance. À l’approche du 25 avril, le message est clair: ‘informés et engagés, nous pouvons vaincre le paludisme’.
Naomi Irakoze Mugaragu.

